A la suite de la discussion qui s’est déroulée dans le cadre de la nuit des idées aux Beaux-Arts de Paris sur le thème “être vivant” en janvier 2020 (cf – photo), les plasticiennes Emilie Benoist et Julie Genelin, médiatrices du Cercle Chromatique à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, proposent une nouvelle discussion, récit en mouvement entre quatre invités spécifiques, Isabelle de Maison Rouge, Eric Reiffsteck, James Porter et Shelly De Vito. Tout au long des expériences vécues et racontées, seront projetés des détails d’un tableau-paysage de Jérôme Bosch : « Le Jardin des délices », retable et triptyque foisonnant, évoquant tour à tour, l’observateur qu’il était, attentif au monde qui l’entourait et l’imaginaire célébré.

Lors de l’introduction de cette discussion, le retable sera fermé sur le diptyque : « La création du monde », puis suivront les interventions des invités, tout au long du triptyque ouvert, lors des projections (vues fixes) en déclinaisons variées. Des détails infinis apparaitront sur chaque zone délimitée d’un invité, mettant le visuel sur une trajectoire contemplative et la parole de chacun active, plus terre à terre et réaliste. Chaque promeneur et participant aura un lien avec la nature à travers son médium.

La déambulation animée par Emilie Benoist et Julie Genelin sera donc ponctuée par la rencontre des invité-es en lien avec l’écologie et art, dont chaque spécificité se répartira suivant une zone imaginaire du tableau- paysage et suivant son propre champs expérimental.

Les quatre zones définies sont:

  • le jardin des formes
  • le jardin des senteurs
  • le jardin des pensées
  • le jardin des couleurs

La traversée du tableau tout au long de la discussion évoquera naturellement des liens et des métamorphoses entre les espèces, des noms et leurs genres, des plus petits détails ou des questionnements plus larges sur le futur. Dans le passé, Jérome Bosch a participé aux débuts de la classification des formes qu’il regroupait, alliant la réalité à l’imaginaire, s’entourant de sources variées, qui à son époque, étaient des récits de voyages lointains et de nouveautés illustrées.

Les installations « géobiologiques » d’Emilie Benoist, participent de cette prolifération des formes.

L’introduction de la discussion sera d’une part une description des deux volets fermés du tableau de Jérome Bosch, Le jardin des délices et d’autre part elle nous amènera par quelques mots des deux plasticiennes à faire le parallèle avec le monde actuel, sujet à des métamorphoses, dont les espèces des plus petites aux plus grandes, observées et imaginées par lui et nous, nous amène

« à se déplacer ». Ces voyages ont depuis la nuit des temps des répercutions planétaires, créés principalement par nos conflits, leurs famines et les changements climatiques qui s’accélèrent actuellement en interagissant entres eux.

Emilie Benoist propose d’élargir cette carte blanche à quatre invités et d’y répondre à partir de la métaphore du jardin, qui suit pour elle, le cheminement de la pensée, une forme d’évolution des réflexions, du partage des données. Elle est sensible à nos formes d’adaptabilité, le foisonnement des interactions des formes de vie au coeur de toutes les créations paysagères, littéraires, philosophiques, etc, au delà d’une seule création religieuse ou l’Homme est au centre du monde.

Description du triptyque fermé et du disque terrestre, La création du monde : « Sous un globe de cristal scintillant et entouré par la mer, s’étend le disque terrestre, recouvrant l’hémisphère obscure du monde souterrain.

Au dessus, un ciel crépusculaire, ce paysage semble secoué par une soudaine explosion de fertilité. Sur les rivages où l’eau pénètre la terre surgissent d’importantes taches de végétation.

Non loin de là, un rocher creux émerge des eaux: un arbre y pousse, les montagnes elles-mêmes prennent un aspect végétal.

Une sourde sexualité agite le giron de la terre et pousse vers la lumière naissante du jour une végétation déjà presque animale ».

Extrait du texte de Wilhelm Franger en 1980.

De la sphère cosmique primitive : ciel, terre et mer, le monde infernal, la discussion nous amène à voyager de l’infiniment grand de la nature au plus petit détail du jardin… »

Dans la présentation d’ensemble, Emilie Benoist répond à la carte blanche de Julie Genelin qui dans le contexte des anciens de l’Ecole et du Cercle Chromatique permet d’inscrire cette discussion s’inscrit dans sa démarche et son actualité parallèle, Les plus beaux jours. Exposition qui se tiendra aux Trinitaires à Metz sous le commissariat de Viviane Zenner. Julie Genelin, elle aussi, introduira par ce biais, son parcours, ses projets et quelques mots sur cette envie de déployer ses programmations à des invités pluridisciplinaires depuis 2017.

 

Déroulé de la discussion proposée dans l’amphithéâtre:

L’introduction de cette discussion est la présentation de Julie Genelin sur une projection fixe de

« La création du monde » (triptyque fermé), puis l’évocation d’ensemble du projet d’Emilie Benoist, son engagement entre l’art et l’écologie, son cheminement de pensée, les idées et questions posées aux invités, ses rencontres sur ce sujet.

Le triptyque du tableau Le jardin des délices de Jérome Bosch s’ouvre ensuite sur des détails du tableau qui seront projetés tout au long de la discussion, lors des quatre interventions successives. Le public sera amené à marcher mentalement et visuellement dans ce jardin foisonnant, où se croiseront les personnalités, dans les quatre zones intermédiaires projetées et détaillées.

Chaque invité partagera son récit, fruit de son expérience du terrain, mêlant écologie et vision artistique directe ou suggestive pendant le même temps.

L’ensemble créera par la diversité des approches, des approches successives entre les êtres vivants et les recherches évoquées en interagissant avec le tableau ancien.

 

Chaque invité sera amené lors de sa promenade à répondre à deux questions : Qu’est ce que vous avez observé comme changement (s)?

Qu’est ce que ça vous amène à tenter d’expérimenter?

Les pistes évoquées par Emilie Benoist peuvent provoquer un dialogue ou une forme de jeu, tel un ping-pong, entre ces deux questions. Leurs réponses pourront aller de, en fonction de leurs domaines, la poésie imagée vers un terroir poétique, de l’observation à la réalisation, de la perturbation à l’adaptation, de la contemplation à l’action …

 

Ordre de passage dans la conversation et spécificité des démarches des invités:

1/ le jardin des œuvres (formes), intervention autour du projet d’un second volet de l’exposition collective

Jardinons les possibles (performances, in situ, entretiens, etc) autour de l’écologie en art contemporain.

2/ le jardin des plantes (senteurs), intervention autour du second volet d’une agriculture bio, dont la culture de plantes officinales seront utilisées pour leurs fragrances et leur diffusion, distribuées une machine.

3/ le jardin des pensées (pensées), intervention autour de récits liés à l’observation, l’exploration et extraits d’écrits, ou d’éditions liées aux acteurs anciens et contemporains des sciences, engagés en écologie.

4/ le jardin des teintures (couleurs), intervention des fondateurs d’un espace extérieur expérimental, végétal et supplémentaire au Centre d’art et résidence actuel : les teintures, potentiel artistique et historique.

 

Invitée 1 : Isabelle de Maison Rouge est historienne de l’art et critique. Auteur de nombreux essais sur la création contemporaine et de textes de catalogues .

Elle est curatrice indépendante et professeur d’histoire de l’art à New York University Paris.

Son intervention se concentrera sur la description de l’élaboration du second volet de l’exposition collective « Jardinons les possibles » en perspective d’être déployée à Marseille.

Lors du premier volet du projet aux Grandes Serres de Pantin en 2019, quarante artistes étaient invités dans quatre sections.

 

Invité 2 : Eric Reiffsteck est paysan parfumeur qui depuis douze ans a effectué un retour à la terre. Après des études de linguistique et cinéma.

Entouré de culture d’oliviers, il développe au fur et à mesure une diversité de plantes médicinales en vue de se concentrer sur leurs fragrances et le bien être par la reconnection avec la nature.

Il présentera son projet OVM ( Organic Vending Machine), permettant une interaction entre l’humain, la machine et les plantes dont les senteurs lient nos émotions à nos mémoires.

 

Invité 3 : L’invité (ou duo d’invités), réunit autour du jardin des pensées aura un lien avec le récit littéraire, illustré ou pas, dédié à la nature, à l’aventure et l’exploration, etc.

Leur support pourra être une revue, une collection, un essai…, mêlant observation du monde et quête personnelle, ils partageront leur recherche, en étant curieux de partager leurs idées.

Les invités pourront être (un-une) chercheurs, écrivains, éditeurs, philosophes ou encore poètes.

Il pourront présenter leurs prochaines pistes et thématiques, ou écologie et art se croisent en formant leurs visions actuelles.

 

Invités 4 : James Porter et Shelly De Vito sont les initiateurs et directeurs des Moulins de Paillard, Association reconnue comme l’un des Ateliers de Fabrique Artistique en région Pays de Loire, crée en 2009.

Ils soutiennent des projets dans tous les domaines en ayant diverses missions comme la production et diffusion d’oeuvres contemporaines. Situé sur le Loir dans une ancienne papeterie du XVIIIe et industrie textile auparavant, le centre d’art développe ses expériences sur son territoire rural. L’intervention portera sur une nouvelle expérimentation, in-situ, à l’échelle végétale.