Eric Reiffsteck

J’ai toujours été passionné par le comportement animal, j’observais les oiseaux, fascinés par la couleur de leur plumage, leur liberté de voler. J’apprenais à une vitesse folle toutes les espèces d’animaux, à les reconnaître. Je passais mon temps à explorer la nature dans les forêts et les marécages.

Dans ma vie d’adulte, j’ai perdu le contact avec la nature en vivant dans de grandes villes, Paris puis New York City. Un jour, dans un geste radical, je suis sorti de la société humaine, pour en retrouver une autre, celle des non humains, des végétaux en particulier après l’acquisition d’un domaine d’olivier de plus de 800 arbres centenaires.

Retrouver la proximité des végétaux m’a émerveillé au sens littéral. J’ai pu ressentir à nouveau les éléments, sentir de la terre après la pluie, sentir les pins, leurs résines, les feuilles, les fleurs. J’ai retrouvé la nature et l’humilité de faire à nouveau partie d’un tout.

Les plantes de mon quotidien et leur parfum ont été comme l’extrémité lumineuse d’un fil d’Ariane qui m’était tendu pour me reconnecter à la nature et par continuité ma nature véritable.

Après avoir suivi une formation de parfumerie à Grasse, j’ai travaillé mes propres extractions de plantes, de celles que je cultivais ou récoltais en sauvage dans les montagnes environnantes.

Avec l’aide de ma mentor, Caroline Albert , cofondatrice de l’entreprise de phytothérapie Le Gattilier, j’ai élaboré mes premières teintures mères (macération dans l’alcool) mais aussi la distillation à l’alambic de cuivre ou au soxhlet de verre.

De fil en aiguille, j’ai commencé à composer, assembler ces différentes extractions, pour retrouver et partager à mon entourage ces fragrances qui m’avaient ramené à l’émerveillement, au bien-être émotionnel et à la paix intérieure.

Guérir soi-même

Mon travail a été de commencer par me soigner moi-même avec les préparations de phytothérapie que j’élaborais sur place avec les plantes disponibles dans le biotope de notre domaine agricole. Très handicapant pour un paysan, j’étais sujet à un rhume des foins avec complications asthmatiques, avec pour conséquence trois mois de printemps de grande difficulté à l’effort sans provoquer de crises d’asthme.

Depuis mon enfance, j’ai essayé toutes sortes de traitements, des batteries de tests, des cures, seule la medecine allopathique parvenait a atténué ces crises avec des antihistaminique puissants qui ne faisait qu’étouffer les effets de la maladie sans en guérir les causes.

Ce sont deux préparations à base de bourgeons, celui de cassis et de figuier qui m’ont particulièrement apporté le bien-être couplé avec la découverte de la naturopathie et d’une alimentation vivante. L’amélioration a été nette, je pouvais prendre des risques, jusqu’à l’impensable, pouvoir marcher en toute quiétude dans un champ de graminées au printemps.

On peut considérer la maladie comme la manifestation d’un déséquilibre plus profond qui se révélerait au grand jour. Il fallait que je remonte aux origines de ces crises allergiques, que j’aille regarder cette peur qui m’empêchait de respirer pleinement. Un travail sur moi, mon développement personnel a été comme une continuité naturelle aux soins du corps.

J’ai trouvé une forme de méditation dans la contemplation des végétaux. Ma maison se trouvant en plein milieu de la nature, j’étais aux premières loges, je pouvais observer avec attention, au fil des jours, leur développement.

J’ai été transporté par la beauté de ces agencements qui donnaient forme à leurs branches, leurs feuilles et leurs fleurs. De ces observations sont arrivées simultanément les premières fragrances. Les effluves parfumées des plantes qui m’entouraient, celle des pins, des lavandes, des thyms, des genévriers cades, des pistachiers pour ne citer que certaines d’entre elles, ont indiscutablement ouvert un canal de communication entre elles et mon être intérieur.

Au-delà de la maladie, comme nous tous, j’ai eu à traverser des épreuves dans ma vie professionnelle et privée. Les interactions olfactives avec les plantes m’ont permis de me recentrer, de trouver une force nouvelle et le calme pour vivre le moment présent. A regarder chacune de ces épreuves avec un certain détachement, à ne pas m’identifier à elles, y compris les plus pénibles d’entre elles.

Alors, j’ai commencé à penser le parfum comme une médecine qui soignerait non seulement les corps, mais l’âme et l’esprit. Je prendrais pour ingrédients les plus traditionnels, ceux issus de la distillation à l’alambic ; les huiles essentielles et les hydrolats mais aussi ceux de différents processus que j’avais pu expérimenter, les alcoolatures, la gemmothérapie et l’alchimie végétale ou spagyrie en suivant les travaux de Paracelse que j’avais expérimenté en suivant les enseignements de deux alchimistes Patrick Burensteinas et en particulier Patrick Rivière.

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Léa Steuperaert

Je suis née à Grasse, berceau de la parfumerie, et j’ai grandi sur les collines avoisinantes du massif de Tanneron, entourée par la beauté des montagnes, par le bleu intense de la mer Méditerranée et baignée dans cette lumière si particulière de cette région. Immergée dans les effluves des pins, dans les odeurs ardentes de thym et de romarin, et dans la diversité des plantes, je me sentais profondément reliée à la nature.

Je quitte cet environnement à 15 ans pour suivre un cursus de sportive de haut-niveau et devenir volleyeuse professionnelle. Ces années m’ont beaucoup apporté mais plus j’avançais et moins je ne me sentais à ma place, c’était comme si je m’éloignais de qui j’étais vraiment. On me demandait des choses qui ne me ressemblent pas : plus d’agressivité, de combativité et de compétitivité, des qualités pourtant nécessaires à la compétition. Après une année d’une grande intensité émotionnelle et professionnelle lorsque je rejoins le Racing Club de Cannes et après plusieurs années en Equipe de France junior, je décide d’arrêter. Paradoxalement, malgré ma réussite je n’étais pas heureuse. Me voilà sorti d’une bulle, après avoir baigné pendant 8 ans dans le monde du volley. J’entame alors des études de commerce, une voie très générale afin de me rassurer car elles pourront m’ouvrir beaucoup de portes. Je suis une forme de volonté, une volonté sociétale et familiale peut-être. Je me retrouve dans des grandes villes, à étudier des choses qui ne me passionnent pas, mais je me force, je pousse, en me disant que je finirai bien par trouver quelque chose qui m’intéresse dans ce monde là.

Parallèlement à mes études, je commence à me plonger dans des livres qui vont m’ouvrir les yeux sur l’état du monde. Je me souviens encore de ce premier livre qui est venu à moi.. Flânant dans une librairie l’été de mes 19 ans, quelques mois après avoir mis un terme à mes années de volleyeuse, je sortais tout juste d’une année intense, où je ressentais un profond mal-être. Je me retrouve happée par la couverture d’un livre : “L’enquête Campbell – Les aliments qui tuent et ceux qui peuvent vous sauver la vie” de T. Colin Campbell et Thomas M.Campbell.

Ce livre va m’ouvrir les yeux sur l’importance de notre alimentation mais surtout, il met également en avant la remise en question d’une science officielle. Je prends conscience de beaucoup de choses et je m’ouvre à tout un nouveau monde. Je deviens passionnée par tout ce qui touche aux aliments bienfaisants et à la prévention naturelle par les plantes. Tout en continuant mes études de commerce, je consacre beaucoup de temps à lire et à m’intéresser aux médecines ancestrales et au psychisme. Pourtant encore sur les bancs de l’école de commerce, je me retrouve à lire des livres sur mes genoux pendant les cours et même à suivre une formation de nutrition.

C’est à 22 ans, avant même de terminer mon master, que je prends la décision de faire le grand saut, de faire confiance à mon intuition et de consacrer ma vie à ce qui m’apporte vraiment de la joie. Ce fût un énorme soulagement et une grande libération. Je décide alors de prendre un billet pour partir seule à Bali plusieurs mois et m’immerger dans la philosophie du yoga. Là-bas, je vais vivre une expérience qui aura changé ma vie sur tous les plans, un moment d’une grande puissance, de découverte de soi et de transformation. Immergée dans la beauté naturelle et la magie de la jungle d’Ubud et bercée par les cérémonies, je rallume cette étincelle à l’intérieur de moi, je me reconnecte à mon cœur et à un amour profond et bienveillant. Je me sens chez moi, en paix dans ma tête et dans mon corps.

Dès mon retour en France, j’intègre une école de naturopathie (“Ensemble de pratiques issues de la tradition occidentale, visant à préserver et optimiser la santé globale de l’individu ainsi qu’à aider l’organisme à guérir de lui-même par des moyens naturels” – Fédération Française de Naturopathie). C’est lors de cette formation que je rencontre Eric, qui m’accueille en tant que stagiaire dans un magnifique sanctuaire et m’ouvre les portes de ce monde, sanctuaire d’oliviers, de plantes médicinales et d’alchimie auquel je ne suis pas insensible. Toujours à l’écoute de mon intuition, je reviens sur mes terres natales à la fin de ma formation et je rejoins quelques mois plus tard Eric pour lancer avec lui la gamme de parfums Paysan Parfumeur, sur laquelle il travaillait déjà depuis plusieurs années.

Live Instagram @Laetitia_debeausse

Le paysan Parfumeur - Eric Reiffsteck

A l’Est, aux abords du parc du Mercantour, à la frontière avec la Ligurie italienne, le domaine de la Chapelle Saint Jérôme se situe au cœur d’un cirque montagneux sur un peu plus de 12 hectares d’espace de forêt, de restanques et d’une oliveraie de 800 oliviers centenaires cultivés en agriculture biologique.
Bien connu des amateurs d’huile d’olive, de pâte d’olive et d’olive de table, le domaine a été primé au concours général agricole pour la qualité de ses produits et reçu les certifications en agriculture biologique, biodynamie, Nature et progrès et en Appellation d’Origine Protégée. Voir notre site gourmet
Sur notre terre d’oliviers, nous bénéficions d’une forte diversité de plantes médicinales à l’état sauvage que nous complétons par des cultures. Nous récoltons et élaborons nous-mêmes nos extraits de plantes.
Dans notre association, le producteur agricole et le concepteur du produit fini ne font qu’un, l’aboutissement de ce “grand écart” c’est le paysan-parfumeur. Notre véritable « usine » est notre domaine agricole, écrin de notre excellence et nous garantit un approvisionnement de matières premières de haute qualité.
Nombre d’entreprises qui se réclament de l’usage des plantes se trouvent dans des bureaux souvent bien éloignés du monde végétal, elles partagent souvent un approvisionnement des mêmes grands fournisseurs avec des qualités diverses de garantie et de provenance difficilement vérifiable.
Notre but est d’augmenter la part de nos productions, dans la mesure du possible, certaines plantes ne pousseront jamais dans notre biotope méditerranéen, pour garantir la plus haute qualité et parvenir à une plus grande autonomie.

Based in the Alpes Maritimes, same region as Grasse historically and internationally renowned for perfume, vallée des merveilles, parc national du mercantour
Grasse, a coastal French town considered the world’s capital of perfume, has produced some of the most iconic scents of the last four centuries. The rare Rose de Mai — a pale pink rose native to the region — has a clear and sweet smell associated with many French perfumes. You don’t have to travel to Grasse to smell perfume like a Parisian: The goal is to find a scent that compliments your natural aroma, so familiarize yourself with floral, woody, and earthy fragrance families.
The skills related to perfume in Pays de Grasse: the cultivation of perfume plants, the knowledge and processing of natural raw materials, and the art of perfume composition UNESCO
We are growing medicinal and perfume plants following biodynamic and organic farming. From seed to harvest and preparation, we know the plants we incorporate in our recipes.
For one, I think we humans have a lot to learn from plants, and not all of these lessons are acquired by consuming them. The process of raising a plant from seed to maturity is an intimate experience. It is an example of co-creation.

LAPIS VEGETALIS Studio Agricole

association loi 1901 (non-profit organization)

SIRET 82047358500017 TVA FR 808 204 735 85

Préfecture Alpes-Maritimes N° W062009922

https://www.helloasso.com/associations/lapis-vegetalis

Adresses :

FRANCE : Domaine Chapelle St Jérôme 06540 Breil-sur-Roya, Alpes-Maritimes

ITALIA : Via San Michele 6, 18030 Olivetta San Michele, Impéria

email via section contact en bas de page

Présidence

Jeremy Harris

Direction artistique & agricole

Eric Reiffsteck

Direction

Léa Steuperaert

Assistante

Célia Planud

DESIGN & CONCEPTION

MADE IN VANESS

Vanessa Polia (Graphic Designer)

www.madeinvaness.com

CREDITS

Crédits Images :

Eric Reiffsteck, Christian Marcel, Anne Sophie Morel, Juliette Chovet, Manon Pénicaud.

Crédits dessins

Emilie Benoist, Buyi Yé, Elena Lanshina

Crédit texte (francais & english)

Eric Reiffsteck, Virginie Reiffsteck, Hanna Reierson, Anna Caterina Clark

REMERCIEMENTS

Tanya Iskona, Caroline Albert, Anne Kathrin Lodl, Nicolas Jennings, Joanne Atron, Valérie Seguin, Nathalie Magnardi et Guerlain.

et toute la famille, tous les amis, stagiaires, wwoofeurs, promeneurs qui participent de près ou de loin à l’aventure,

et tous les êtres qui nous entourent, un pensée particulière pour Ivan, Théo, Shiro, Cael, Bella, Pigmé, Téré, Balthasar, Juliette, Justine, Hojicha et Eden.